lundi 13 juillet 2009

l'enceinte gallo-romaine




Les remparts gallo-romains de Dax furent édifiés au milieu du IVe siècle, à l' emplacement de la cité déjà existante

Cette enceinte fortifiée est caractéristique du nouveau type de villes créées par le pouvoir romain dans le climat de peur et l'anarchie militaire provoqués par les invasions et pillages des barbares en 276.



Bâtie dans la plaine bordant la rive gauche de l'Adour, elle formait à peu près un un rectangle perpendiculaire au fleuve, dans l'axe nord Sud . D'un périmètre de 1465 mètres, elle délimitait une superficie de plus de 12 hectares. Au Nord, face au fleuve, le rempart mesurait 330 mètres, et le rempart Sud 280 mètres. Les fortifications Ouest et Est mesuraient respectivement 410 et 445 mètres.

Ce développement , supérieur aux remparts de Périgueux ou Beauvais, semble considérable pour la faible population de la cité de Dax à l'époque. L'espace protégé par l'enceinte fortifiée était loin d'être intégralement construit, et pouvait ainsi accueillir les populations rurales des environs en cas de danger. Cela indique que les ingénieurs avaient l'intention d'en faire une place forte importante sur la route de Bordeaux à Bayonne et l'Espagne




La muraille

Sur des fondations massives en pierre de grand appareil était érigée une muraille de plusieurs mètres d'épaisseur, en petit appareil cubique, coupé plus ou moins régulièrement d'un chaînage de briques horizontal formant un cordon que l'on pouvait suivre au même niveau, tout autour de la ville, sur les tours comme sur les courtines.


Trois rangs de briques formaient en général chaque cordon. Dans un grand nombre d'intervalles, les rangs des pierres de petit appareil étaient au nombre de cinq; dans d'autres, au nombre de sept.






Toute cette construction reposait sur une base constituée par une couche de galets, placés eux-mêmes, dans les endroits marécageux, sur une couche de madriers de bois.

Les murs avaient de 2,5 à plus de 4 mètres d'épaisseur à la base, et une hauteur à peu près partout de 5 à 6m. d'élévation, une dizaine de mètres en partant du fond du large fossé qui courrait autour de l'enceinte. Un talus existait de la base à la partie moyenne des murs, au moyen de retraits ménagés dans la brique de chaque cordon.


L'angle Nord Ouest de l'enceinte fut postérieurement transformé pour faire place à un château érigé vers le XIVème siècle, lui même séparé de la ville par un large fossé . Ce château conserva cependant, coté rivière, la base de la muraille romaine sur laquelle il avait été greffé. 



derrière les bains Saint-Pierre



Les tours

Sans défense naturelle, hormis le large fossé, l' enceinte était renforcée et défendue par plus d'une quarantaines de tours ( entre 43 et 46 selon les archéologues) semi circulaires , en demi saillie, de taille différente. Cette profusion par rapport à la longueur de l'enceinte faisait de Dax la place forte la mieux pourvue. ( Pourvue d'autant de tours qu'à Bordeaux qui faisait le double de périmètre. Le double qu'à Périgueux).

L' espacement entre ces tours était très variable , entre 7 mètres et 32 mètres, sans parler des tours accolées.

Seule la partie basse était en maçonnerie pleine d'un blocage à bain de mortier. A l'exception des petites tours pleines du rempart Nord, le reste était creux avec des ouvertures permettant l'entrée depuis l'intérieur de la ville. On suppose qu'il existait, au moins dans les plus grosses, comme les tours d'angle, des planchers intérieurs et au sommet une terrasse soutenue par une voute. La plus belle et imposante était la tour dite "Mirande" à l'angle nord-ouest. On peut encore voir les restes de la tour de "Cuchets" à l'angle nord-est.



tour d'angle Sud-Est ( dessin A. de Caumont )

Les portes

L'enceinte gallo-romaine comportait sans doute quatre portes, encloses entre deux tours fortes et saillantes, chacune s'ouvrant sur l'un des cotés . Mais dès le Moyen Age, en raison de l'édification du château au Nord Ouest, la porte qui donnait accès au pont fut murée et remplacée par une nouvelle décalée vers l'Ouest.

La porte Julia, ouvrant sur le quartier Saint-Pierre, qui desservait le voie romaine de Toulouse, survécut jusqu'en 1872, date de sa démolition (actuel cours Pasteur),  par le seul fait d'avoir été également murée pour changer d'emplacement au XVIème siècle et devenir la porte Saint-Pierre. La porte Saint Vincent, à l'opposé, et la porte Notre Dame au Nord, donnaient accès aux principales rues de la ville. Au Sud était la porte de l'Evêché. Ces portes ont cependant été refaites postérieurement et défendues par des bastions murés. D'autres portes souvent plus récentes correspondaient à de simples passages.



De fait, seule la porte Saint Vincent, donnant accès à la voie de Bayonne, est restée en son emplacement d'origine, et donc la seule des anciennes portes gallo-romaines, du moins dans sa base, les autres ayant été ouvertes postérieurement ou déplacées. 



une reconstitution de la porte Julia en 1933




poterne ( dessin A de Caumont)

Le pont



Face à la Porte Notre Dame et menant à la rive droite de l'Adour et la voie romaine de Bordeaux, il était situé dans l'angle sud-ouest de la cité, et non au centre de l'enceinte

Contemporain des remparts, il faisait partie du système de défense et flanqué de piles en demi-lune appliquées de chaque coté , entre ses cinq arches et aux extrémités. Ce pont a subi par la suite plusieurs modifications: éperon, tour en son milieu, effondrements puis reconstructions, avant de disparaitre, emporté par la crue de 1770, et être remplacé par le pont actuel. Il est cependant probable que le pont romain originel - dit de Montrepoly - se trouvait un peu plus en amont du pont féodal.







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